An elegant couple wearing white back in the day and white outfits from Sita Murt and Dior Spring/Summer 2014, All Over Press.

An elegant couple wearing white back in the day and white outfits from Sita Murt and Dior Spring/Summer 2014, All Over Press.

Une teinte estivale plus blanche

Cet été, Mattie Kahn a décidé de défier les dangers du ketchup et des frites. Il est temps d’entrer dans l’âge adulte sur le plan vestimentaire.

Il y a un an, j’ai trouvé une vielle photo de mes grands-parents au dos d’un album photo oublié. Aucune date n’est inscrite. Mais je sais qu’elle a dû être prise après le Memorial Day car Opa et Nana sont tout de blanc vêtus pour l’été. La photo montre les deux qui se tiennent sur une belle pelouse, devant un gros arbre feuillu. Les cheveux de ma grand-mère sont enveloppés dans un turban de couleur crème. Mon grand-père porte une paire de lunettes de soleil carrées et a un air mutin. Son bras entoure la taille de ma grand-mère. Ils dégagent un glamour incroyable. Ils sont impeccables. 

Mes grands-parents étaient jeunes, beaux et incroyablement photogéniques. Il ne serait pas juste d’accorder tout le crédit de leur charme à leurs vêtements. Mais soyons honnêtes : les tenues sont pas mal. 

Les ensembles blancs sont intemporels et chic. Ils sont profondément et fabuleusement impraticables. Cet été, je souhaite également les porter.   

Ceci peut ne pas vous paraître très risqué, mais en tant que personne ayant une mauvaise coordination main/yeux et une garde-robe noire à 94 %, je considère cela comme un saut de l’ange vestimentaire dont mon style est capable. Beaucoup de choses peuvent mal se passer en blanc. Je devrais le savoir. J’ai déjà fait une tentative à l’école élémentaire. Mais ensuite, j’ai mangé des frites et du ketchup au déjeuner. C’était pas beau à voir. 

Comme nombre de mes obsessions, cette envie de tenues de couleur crème n’est pas aussi réaliste qu’idéaliste. Je ne suis pas de celles qui sont sensées s’habiller en blanc de la tête aux pieds. Je ne me marie pas et je ne mets pas au tennis. Je ne suis pas du genre à faire des déjeuners de femmes. En fait, j’ai à peine le temps de prendre mon petit-déjeuner. Mais j’aimerais le prétendre. Au moins pendant un court instant. 

Le noir est sophistiqué et le gris passe-partout. Le violet est un régal. L’orange me rappelle toujours les couchers de soleil de la fin septembre. Mais aucune autre couleur ne fait autant « adulte » que le blanc. Qu’il s’agisse de coton, de soie ou de lin, il illustre la maturité et le goût. Il confère un sex-appeal blanc. Il sous-entend aussi : « J’ai réussi à ne pas me renverser du café dessus ce matin ! » 

Contrairement à l’uniforme préféré des mannequins, des religieuses et des mes amis new-yorkais, le blanc est à la fois rêveur et exigeant. C’est tout ce que j’imaginais dans ma vie d’adulte. L’incroyable chemise blanche me donne espoir qu’un jour, j’aurais l’air aussi impeccable que Lauren Hutton. En ce qui me concerne, en envisager la possibilité est déjà un gros investissement. J’ai donc fait l’acquisition d’un jean immaculé, de jolis débardeurs et d’un bikini qui stopperait net James Bond. 

Je l’admets. Ces acquisitions requièrent un entretien rigoureux. Mais j’aime la manière dont elles me rappellent d’entretenir mes vêtements et d’utiliser une serviette de table. J’aime qu’elles me poussent à m’asseoir pour déjeuner au risque de le renverser sur ma ravissante chemise dégotée au rayon hommes de Bloomingdales. Mais surtout, j’aime comme elles me mettent en valeur. 

Je ne me fais aucune illusion ceci dit. Je me connais. Les ravissantes pièces ivoire et les délicats pantalons coquille d’œuf ne m’empêcheront pas de manger des frites cet été. 

C’est pourquoi je me suis trouvé un short parfait en jean blanc chez H&M il y a quelques semaines. J’en ai acheté trois. 

Au cas où.


Mattie Kahn est écrivain et vit à New-York. Ses écrits ont été publiés sur VanityFair.com, Refinery29 et the Man Repeller pour ne citer qu’eux. Elle espère que cette année sera celle où elle réussira à créer un cocktail qui lui ressemble, à réhabiliter le point-virgule et à maîtriser l’art de l’eye-liner liquide une fois pour toutes.

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